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Le Silure en 5 questions

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Le Silure en 5 questions

Le silure glane est l’un des plus grands poissons des eaux continentales françaises. Sa taille parfois spectaculaire et la multiplication des captures par les pêcheurs sur notre territoire animent de nombreuses discussions au bord de l'eau.


Voici quelques éléments de réponses pour vous éclairer sur la place de ce nouvel habitant dans nos rivières:

 

Le silure a-il été introduit en France ?

Le Silure (Silurus glanis) est un poisson d’eau douce natif du continent européen. Présent en Europe de l’Ouest avant les dernières glaciations, il s’est réfugié vers l’Est, notamment dans le Danube,lors de cette période rigoureuse. Cette espèce a ensuite recolonisé naturellement les cours d’eau vers l’Ouest jusqu’au Rhin.

Mais depuis une quarantaine d’année, à la faveur d’introductions, de création de canaux et du réchauffement des eaux superficielles, sa progression s’est accélérée.

Aujourd’hui son aire de répartition s’est étendue à presque l’ensemble du territoire et ses effectifs apparaissent en forte croissance.

Le silure est donc une espèce considérée comme introduite en France.

Cependant à l’échelle des eaux européennes le silure glane n’est pas une espèce exotique*. Présent aux marges de la France, dans la mesure où celle-ci appartient au même ensemble biogéographique que les espèces autochtones, alors que par exemple le poisson-chat (Ictalurus melas) sera, lui, considéré comme une espèce exotique car originaire d’un autre continent.

                                          

 

 

 

Le silure prend-il la place des autres carnassiers dans nos milieux aquatiques ?

Les derniers rapports et enquêtes sur le silure montrent que la compétition entre ce dernier et les autres carnassiers d'eau douce ne serait pas si importante que supposé.

Notamment en comparant leurs zones et périodes de reproduction.

Concernant la période de ponte, celle du brochet se situe entre les mois de février et de mars lorsque la température de l’eau atteint 8°C à 10°C, celle du sandre a lieu entre mars et avril lorsque les eaux atteignent 12°C et celle du silure glane se situe entre juin et juillet pour une température de 23°C en moyenne.

Les brochets se reproduisent sur des sites peu profonds (hauteurs d’eau de 20 à 80 cm), calmes et riches en végétaux.Les silures glanes recherchent aussi des sites de hauts fonds, mais avant tout des  lieux avec racines et cavités. A contrario, le sandre préfère des zones plus profondes pour sa reproduction.

Ainsi, du fait qu’il n’y ait ni concordance entre les sites de reproduction, ni synchronisation entre les dates de ponte, on peut supposer qu’il n’y a pas de lutte territoriale pour l’accès aux frayères.

D’autre part, leurs régimes alimentaires ne sont pas tout à fait  superposables (ils ne mangent pas forcément aux mêmes moments, ni aux mêmes endroits, ni les mêmes proies, et leur stratégie de chasse n’est pas la même non plus). En effet, le caractère opportuniste  du silure l'amène à consommer toutes sortes de proies (coquillages, écrevisses, poissons, rongeurs, oiseaux,...). D'après les études réalisées sur l'espèce les poissons représenteraient seulement 30% de son régime alimentaire.

Les études menées à  ce jour n'ont  pas trouvé de corrélation entre l’apparition du silure et une potentielle diminution des captures de sandres et brochets.

             

 

 

Le silure fait-il partie de la même famille que le poisson chat ?

 

Le SIlure glane (Silurus glanis) comme le Poisson-chat (Ictalurus melas ou Ameiurus melas) appartiennent tous 2 à l'ordre des Siluriformes.

Cependant ils font partie de 2 familles bien distinctes: la famille des siluridés (Siluridae) pour le Silure glane et la famille des Ictaluridés (Ictaluridae) pour le Poisson-chat. Ils ne sont donc pas de la même famille mais des cousins éloignés en quelque sorte!

 

Voici les principaux critères de reconnaissance entre les 2 espèces:

 

Critères

Silure glane (Silurus glanis)

Poisson-chat  (Ictalurus melas

Barbillons

3 paires

4 paires

Rayons épineux

Absents(rayons ossifiés)

Sur nageoires pectorale et dorsale

Face ventrale

Blanche,mouchetée de gris ou noir

Jaune plus ou moins orangée

 

 

 

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Le silure doit-il être classé « nuisible » ?

 

La présence de ce poisson susceptible d’atteindre des tailles importantes, parmi notre faune piscicole n’est pas sans poser un certain nombre de questions.

D'autant plus que cette espèce est capable de consommer près de 10 fois son poids en proies diverses en une année, et que le réchauffement climatique observé depuis plusieurs années à tendance à favoriser son extension vers l’ouest et le sud de l’Europe.

Cependant le silure glane n'est pas classé comme une espèce envahissante*.

 

 

 

Actuellement, aucune étude ne qualifie un potentiel impact économique de l’introduction du  silure glane en France et aucune maladie spécifique au silure glane n'est connue à  ce jour. 

En tout état de cause, des travaux complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir statuer sur l’éventuelle menace que constituerait le silure glane pour la faune piscicole des eaux européennes.

 

 

Le silure mange-t-il de tout ?

 

 Le régime alimentaire est considéré comma carnivore opportuniste. Il se compose certes de poissons, mais aussi d’une part importante de mollusques et de crustacés.

 

Les études menée sur les contenus stomacaux des silures français indiquent clairement que les proies privilégiées du silure sont les écrevisses américaines, les corbicules,les gardons, les brèmes, les poissons chats et perches soleil.

 

Plutôt fainéant il privilégie les espèces abondantes et faciles à capturer. Le Silure présente une grande capacité d’adaptation. Prédateur nocturne d’organismes aquatiques, il peut radicalement modifier son comportement afin d’exploiter une nouvelle ressource alimentaire.

 

       

 

 

Le silure mangeur de pigeons ?!

Ainsi plusieurs observations, notamment sur l’Ebre en Espagne sur le Tarn en France, ont permis de constater une prédation de pigeons venant s’abreuver en berge.

Cette prédation diurne et par échouage partiel du silure n’a jamais été observée dans son aire de répartition d’origine.

Des analyses isotopiques ont montré une très forte variabilité de la proportion du pigeon dans le régime alimentaire des silures du secteur (entre 0 et 78 %) ce qui semble indiquer la spécialisation de certains individus sur cette ressource (Cucherousset et al., 2012). un reportage sur ce phénomène à même été tourné à Albi par France 2 pour le voir cliquez ici.

 

                                                                                                                                                                                                                                            

 

 

Espèce envahissante* : Une espèce introduite, dont la densité augmente (i.e.prolifération) et dont l’aire de répartition s’étend depuis son point d’introduction, est qualifiée d’« envahissante » si elle menace les écosystèmes,les habitats ou les espèces autochtones (COLAUTTI & MACISAAC 2004) avec des conséquences environnementales et/ou économiques et/ou sanitaires négatives(UNEP 1994; I.U.C.N. 2006).

 

Espèce exotique* : Désigne une espèce qui n'était pas présente à l'origine dans les zones où on la trouve maintenant, et dont la présence est attribuable directement ou indirectement à l'activité humaine.

 

Sources : « Le silure glane: biologie,écologie, élevage »  Par Jean-Pierre Proteau,Olivier Schlumberger,Pierre Élie; Le silure glane (Silurus glanis, L.) en France. Evolution de son aire de répartition et prédiction de son extension :.par: B. VALADOU